6 - The Impact of Space Exploration

6 - L'impact de l'exploration spatiale

Influence des missions spatiales sur la conception et la fonctionnalité des montres

Crédit : nationalgeographic.fr

Les missions spatiales ont profondément influencé la conception et la fonctionnalité des montres. Les conditions extrêmes de l'espace exigeaient des montres extrêmement durables, précises et fiables. Cela a donné lieu à des innovations telles que la résistance aux chocs, les propriétés antimagnétiques et une meilleure lisibilité. La nécessité pour les montres de résister à l'environnement hostile des voyages spatiaux a encouragé le développement de nouveaux matériaux et technologies. Par exemple, l'utilisation de lubrifiants spéciaux, stables à des températures extrêmes, et l'intégration de matériaux robustes pour les boîtiers, comme l'acier inoxydable et le titane, sont devenues la norme. Les montres devaient également pouvoir fonctionner sous vide et résister aux radiations spatiales. Ces exigences ont poussé les horlogers à innover en permanence, ce qui a conduit à la création de garde-temps fiables dans les conditions les plus exigeantes.

Edwin « Buzz » Aldrin lors de la mission d'alunissage. Crédit : spaceflight.nasa.gov

L'Omega Speedmaster de Richard R. Gordon. Crédit : spaceflight.nasa.gov

Le rôle des montres dans la course à l'espace

Les montres ont joué un rôle crucial dans la course à l'espace entre les États-Unis et l'Union soviétique à l'époque de la guerre froide, servant d'outils essentiels aux astronautes.

Aux débuts de l’exploration spatiale, un chronométrage précis était essentiel au succès de la mission.

Par exemple, chronométrer les allumages des moteurs pour ajuster les trajectoires des engins spatiaux nécessitait des montres d'une grande précision. Les missions Apollo ont souligné l'importance de disposer de montres fiables, la Speedmaster ayant notamment été utilisée pour chronométrer des manœuvres critiques, comme le chronométrage des 14 secondes d'allumage des moteurs nécessaires pour corriger la trajectoire du vaisseau spatial après qu'une explosion a paralysé le module de service lors de la mission Apollo 13, manœuvre qui a permis de ramener l'équipage sain et sauf sur Terre.

L'Union soviétique a été la première à envoyer un homme dans l'espace, avec le vol historique de Youri Gagarine en 1961. Gagarine portait une montre Sturmanskie, une montre durable et précise conçue pour les aviateurs.

Chronométrage des activités extravéhiculaires (EVA)

Les activités extravéhiculaires, ou sorties dans l'espace, posaient des défis uniques en matière de chronométrage. Les montres devaient être facilement lisibles en plein soleil et dans l'obscurité, résister au vide spatial et fonctionner de manière fiable sur de longues périodes. Prenons l'exemple de Gemini 4 : la première sortie spatiale américaine, où l'astronaute Ed White a utilisé deux Omega Speedmaster pour chronométrer diverses tâches et s'assurer de leur retour à bord du vaisseau spatial en toute sécurité.

Crédit : fratellowatches.com

Ces garde-temps n’étaient pas seulement des outils mais aussi des symboles de prouesses technologiques dans la course à l’espace.

Exemples de fonctionnalités développées pour l'exploration spatiale

Durabilité et résistance aux chocs

L'un des premiers défis consistait à garantir que les montres puissent résister aux vibrations et aux chocs intenses subis lors des lancements et des atterrissages de fusées. Des montres comme l' Omega Speedmaster ont été soumises à des tests rigoureux pour garantir leur résistance à ces conditions difficiles, notamment une exposition à des forces G élevées, des vibrations intenses et des secousses soudaines.

Résilience à la température

Dans l'espace, les températures peuvent varier considérablement, allant d'une chaleur extrême à un froid glacial. Les montres conçues pour les missions spatiales devaient conserver leur précision malgré ces fluctuations. La NASA a testé des montres en les exposant à des températures allant de -18 °C à +93 °C (-0,4 °F à +199,4 °F), afin de s'assurer qu'elles pouvaient fonctionner aussi bien dans le vide spatial que dans l'environnement riche en oxygène d'un vaisseau spatial.

Radioprotection

Les voyages spatiaux exposent les astronautes et leur équipement à des niveaux de radiation plus élevés que sur Terre. Les montres devaient être conçues pour résister aux effets de ces radiations, qui pourraient autrement perturber leurs composants internes. C'est ce qui a conduit au développement de matériaux et de mouvements résistants aux radiations.

Résistance magnétique

Les équipements à bord des vaisseaux spatiaux génèrent de puissants champs magnétiques, susceptibles de perturber le mécanisme de chronométrage des montres traditionnelles. Pour remédier à ce problème, les montres spatiales ont été dotées de propriétés antimagnétiques. L'utilisation de matériaux non magnétiques et de boîtiers de protection est devenue une pratique courante, permettant aux montres de rester précises en présence d'interférences magnétiques.

Montres remarquables associées à l'exploration spatiale

Omega Speedmaster Professional

Crédit : airandspace.si.edu

Souvent appelée « Moonwatch », elle est sans doute la plus célèbre. Ce fut la première montre portée sur la Lune lors de la mission Apollo 11 en 1969. Sélectionnée après une série de tests rigoureux démontrant son haut niveau de précision et de fiabilité, la Speedmaster fut choisie par la NASA pour le programme spatial américain en 1964. Le programme exigeait un chronographe-bracelet à remontage manuel, étanche, antichoc, antimagnétique, capable de résister à des températures allant de 0 à 200 °F et à des accélérations allant jusqu'à 12 g. La NASA certifia d'abord l'Omega Speedmaster comme chronographe pour le programme Gemini et procéda à des achats successifs pour les missions Apollo et Skylab/ASTP.

Seiko 6139

Crédit : museum.seiko.co.jp

Connue sous le nom de « Pogue », du nom de l'astronaute William Pogue qui la portait lors de la mission Skylab 4, elle est le premier chronographe automatique à avoir été envoyé dans l'espace. Pogue utilisait sa Seiko 6139 lors de la mission Skylab 4 en 1973. Le 16 novembre 1973, lorsque M. William Pogue, astronaute de la NASA, embarqua à bord de la fusée Saturn IB, il glissa une montre-bracelet Seiko dans la poche de sa combinaison spatiale.

La montre était un calibre 6139 Seiko « 5 SPORTS Speed-Timer », le premier chronographe automatique au monde, lancé par Seiko au printemps 1969. M. Pogue l'a acheté pour 71 dollars à l'époque dans un kiosque de la base aérienne.

Les montres Seiko n'étaient pas officiellement homologuées par la NASA. Cependant, au début de l'entraînement au vol, les montres officielles n'étaient pas encore distribuées aux astronautes. M. Pogue a donc suivi son entraînement en portant une Seiko au poignet. « J'ai trouvé cette Seiko très pratique pour mesurer la durée de combustion d'un moteur-fusée grâce à la lunette tournante », a-t-il déclaré. M. Pogue souhaitait également utiliser sa Seiko dans l'espace et a décidé de l'emporter avec lui pendant la mission, dans ses effets personnels. Sur la station spatiale, il a accompli ses missions en portant la montre officielle de la NASA au poignet droit et la Seiko au poignet gauche.

Bulova Lunar Pilot

Crédit : hodinkee.com

Un autre exemple notable est celui porté par l'astronaute Dave Scott lors de la mission Apollo 15 en 1971. L'astronaute Dave Scott a porté son chronographe Bulova personnel sur la surface lunaire après que le verre de son Omega Speedmaster se soit détaché.

Découvrez notre série sur Les innovations oubliées de l'horlogerie des années 70 :

- Intro - Les innovations oubliées de l'horlogerie des années 70

- 1 - L'essor de la technologie du quartz

- 2 - Modèles de boîtiers audacieux

- 3 - Bracelets intégrés

- 4 - Le cadran comme art

- 5a - L'émergence des icônes du design

- 5b - Gerald Genta : le maître du design horloger des années 1970

- 6 - L'impact de l'exploration spatiale

- 7 - Complications GMT et Dual Time

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